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Les premières fraises de pleine terre, dans quelques jours à Hannut ©DA-PRESS/D.DH.
 
Article de la semaine
Météo pourrie: les métiers qui dégustent...
Au Fond de Vanova, le long de la route de Namur, à Crehen, le fruiticulteur Vincent Mazy semble optimiste, malgré un temps qui pourrait être plus propice à la culture des fraises. «Pour l’instant, nous ne bénéficions pas encore d’une luminosité optimale», explique-t-il. «Et avec les nuits froides que nous connaissons, les fraisiers évoluent au ralenti. Dans les cerisiers voisins, cela ralenti la pollinisation des fleurs car les abeilles attendent une température plus élevée avant de se mettre au travail.» Les conditions climatiques n’auront cependant pas de conséquences sur la qualité des fruits produits par Vincent Mazy.
«Cette année, la cueillette débutera dès la fin de cette semaine, soit deux bonnes semaines plus tard que l’année dernière, qui avait été particulièrement hâtive», poursuit le Hannutois. «Les fraises belges que l’on trouve actuellement sur le marché proviennent de cultures hors sol, sous serres chauffées et sur substrats. Ici, tous les fraisiers sont plantés en pleine terre. Et nous attendons que les fruits soient totalement à maturité avant de les cueillir, ce qui leur procure davantage de goût. Nous sommes donc tributaires des conditions météorologiques.»
Pour se protéger des mauvaises surprises de la nature, Vincent Mazy a déployé les gros moyens. «L’an dernier, la grêle a provoqué beaucoup de dégâts dans nos plantations», se souvient-il. «Nous avons donc monté des tunnels au dessus des alignements de fraisiers. Ceux-ci protègent efficacement les plants et les fruits contre les intempéries et les coups de soleil. Sans cette solution, il nous serait impossible de cueillir les fruits à maturité, ce qui constitue justement notre force.»
Les fraises de Vanova sont vendues à la criée de Wépion. Mais la clientèle locale constitue le principal marché de l’exploitation de Crehen. «Nous vendons des fruits du jour même», insiste Vincent Mazy. «Dans les grands magasins, les fraises ont été cueillies cinq à six jours auparavant. Il n’y a évidemment pas de comparaison au niveau de la qualité et du goût.»
Dès cette semaine, les équipes de cueilleurs ont rendez-vous à Crehen. «Chaque saison, nous engageons de 25 à 30 personnes pour effectuer le travail», précise le fruiticulteur. «Ce sont pratiquement toutes des femmes, d’origine vietnamienne pour la plupart. Elles proviennent de la région et aussi de la région de Charleroi. Et nous retrouvons les mêmes chaque année. Cueillir les fraises à maturité demande du courage, de la dextérité et de la subtilité.»
Les cueilleurs de fraises sont assimilés à la commission paritaire 144 de l’agriculture. Le salaire brut minimum, pour les saisonniers, est actuellement de 8,03 euros par heure de travail. «Ces dernières années, en raison des exigences de ce travail délicat, le personnel que j’emploie a perçu davantage que le minimum requis», ajoute Vincent Mazy. ©DA-PRESS/D.DH.

 
 
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