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Photo de la semaine |
Les jumeaux namurois Sonia et Pol croisent au large des côtes britanniques, à bord du Zénobe Gramme, le voilier école de la Défense ©DA-PRESS/D.DH.
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Article de la semaine |
MARINE BELGE: Quand nos jeunes mettent les voiles
Quatre Namurois auront consacré une partie de leurs vacances à la navigation
Fanchon Ameeuw (Somme-Leuze) croise actuellement au large des côtes britanniques, à bord du voilier Zénobe Gramme. Les jumeaux Pol et Sonia Van Rysselberghe (Eghezée) l’accompagnent dans ce périple. Quant à Benjamin Gouttebarge (Walcourt), il vient de rentrer d’un périple de dix jours entre la Norvège et le nord de l’Angleterre. Une expérience sympa qu’il nous conte volontiers.
C’est dans le petit port anglais de Hartlepool (Comté de Durham) que Benjamin Gouttebarge (18 ans), de Pry-lez-Walcourt, a retrouvé la terre ferme au terme d’une semaine de navigation dans les eaux de la Manche. «J’avais envie d’essayer la voile pour me rendre compte de ce que c’était et, franchement, c’était chouette!», lance-t-il d’emblée.
Durant une semaine à bord du Zénobe Gramme, le voilier école de la marine belge, Benjamin a pu découvrir les réalités de la vie d’un matelot militaire. «Nous sommes montés de quart, à tour de rôle, durant tout le voyage», explique Benjamin. «A la vigile, j’observais ce qui se passait à bâbord et à tribord, pour signaler chaque bateau repéré à l’officier de quart. A la barre, je suivais le cap défini. La troisième fonction, c’était au gps: noter les points sur la carte pour, en cas de panne des instruments, toujours savoir où nous nous trouvions.»
Les jeunes matelots n’ont pas non plus échappé aux tâches quotidiennes plus ordinaires. «Un homme de jour qui fait partie de l’équipage permanent s’occupait de la cuisine», poursuit Benjamin. «Mais la vaisselle, c’était pour nous. Comme le nettoyage des chambres, de la passerelle et des douches. Lors des escales aux ports, le bateau devait être surveillé. Notre groupe étant fort soudé, nous sommes montés de garde tous ensemble.»
La semaine dernière, le Zénobe Gramme s’est engagé dans une course de voiliers, entre la Norvège et la Grande-Bretagne. «Ca nous a permis de rencontrer des Anglais, des Néerlandais, des Russes et d’autres personnes issues des différents équipages», précise le jeune Walcourtois. «Dans chaque port, nous avions accès à des activités: parades avec défilé des équipages, canoë, cinéma, feu d’artifice chaque soir, concerts gratuits… On a aussi été invités à aller danser sur le bateau des Indonésiens. En Angleterre, j’ai découvert les pubs. La bière n’y vaut pas la bière belge, mais c’est très sympa…»
Alors, un engagement à la marine pour Benjamin? «Une semaine, ça va, mais je ne me vois pas passer trois mois en mer», sourit-il. «Quand on se lève le matin, c’est de l’eau à perte de vue. Pareil le soir. Ceci dit, je suis comblé par cette expérience que je conseille à tous les jeunes. J’ai appris des tas de choses, j’ai vu des dauphins, j’ai passé des moments exceptionnels dans un monde que je ne connaissais pas. Si j’ai l’occasion de revivre une telle expérience, je n’hésiterai pas une minute!» ©DA-PRESS/DIDIER DE HOE
DEPUIS 2007
Priorité absolue au recrutement
Organisé pour la quatrième année consécutive, le stage d’été sur le voilier Zénobe Gramme n’est accessible qu’à quelques dizaines de jeunes, en raison des places limitées sur le bateau. «L’objectif du stage est de montrer la marine et la vie en mer aux jeunes qui y participent», explique le premier maître chef, responsable presse auprès de la composante navale de la Défense. «Les jeunes sont directement engagés comme membres de l’équipage, pas comme touristes. Ils occupent toutes les tâches du matelot: monter de quart, lire la carte, effectuer les manœuvres… Et tant mieux si cela peut susciter des vocations.»
Au niveau de l’état-major, la tendance actuelle est de privilégier les stages permettant aux jeunes de réellement appréhender le métier de militaire, à la marine ou au sein d’autres composantes de la Défense. En clair, on recrute! D.DH.
EN DIRECT DU ZENOBE GRAMME
Fanchon sous les drapeaux
Fanchon Ameeuw (17 ans, de Sinsin) vit aujourd’hui son cinquième stage à la Défense. Après les premiers soins, le journalisme militaire, l’anglais et le sport aventure, là voilà embarquée à bord du Zénobe Gramme. Le voilier a quitté le port anglais de Hartlepool pour rallier celui de Lowestoft, dans le Comté de Suffolk, où il accostera ce mardi.
«J’ai déjà dû nettoyer le bateau deux fois», sourit Fanchon. «J’ai suivi le briefing de sécurité où l’on nous a expliqué comment mettre le gilet de sauvetage et comment agir en cas d’incendie où lorsqu’il y a un homme à la mer. Nous avons aussi eu droit à un petit cours de voile. Le petit-déjeuner d’hier était formidable, c’était un breakfast anglais plutôt consistant. Après avoir visité un musée installé dans un bateau rénové à Hartlepool, nous avons pris la mer. Nous y apprenons le réel travail de matelot, savoir comment tenir les défenses pour protéger le bateau et comment naviguer en tant que timonier de quart.»
Pour la jeune Somme-Leuzoise, la décision d’un engagement militaire est d’ores et déjà prise. «Mon papa est militaire, il travaille comme chasseur ardennais à Marche-en-Famenne», précise Fanchon. «De mon côté, cela s’est concrétisé cette année. J’ai décidé de rentrer à l’armée. Je vais d’abord aller suivre des cours à Gand, puis à Los Angeles, afin de me perfectionner en néerlandais et en anglais. Ensuite, je signerai mon engagement. Je souhaiterais entreprendre des études d’ingénieur industriel à l’Ecole royale militaire.» D.DH.
EN FAMILLE
Parcours commun pour Pol & Sonia
Sonia Van Rysselberghe (18 ans) et son frère Pol (18 ans) vivent à Leuze (Eghezée). Avant leur engagement sur le voilier Zénobe Gramme, la semaine dernière, les jumeaux avaient déjà participé à un stage d’été à la Défense, l’an dernier, entre sports et langues à l’Ecole royale militaire. Les sports nautiques, ils en connaissaient déjà un bout aussi. «Nous pratiquons occasionnellement la planche à voile», explique Pol. «Nous avons également navigué à bord d’un 4,20 mètres, sur les lacs de l’Eau-d’Heure et en Meuse. Ici, c’est notre première expérience en mer.»
Professionnellement, leur chemin se séparera néanmoins. Pol entreprendra prochainement des études d’ingénieur en gestion. «Moi, j’aimerais m’engager à l’armée», confie Sonia. «En raison de ma petite taille, je risque d’être recalée. Si c’est le cas, je me dirigerai plutôt vers une carrière à la police montée.» D.DH.
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